Atlas commenté de l’ESS : une progression rassurante, une clarification statistique à poursuivre

18/07/2017

L’ESS maintient sa ligne de développement avec 8,8 % des entreprises employeuses en France et 10,5 % de l’emploi en 2014. La nouvelle édition de l’Atlas commenté de l’ESS apporte toutefois toutes les nuance et détails du secteur ainsi que le constat, que l’effort de clarification statistique est loin d’être achevé.

L’ESS progresse ! c’est l’édition 2017 de l’Atlas commenté de l’économie sociale et solidaire qui le dit. Avec 8,8 % (164 077) des entreprises employeuses et 10,5 % (2372812) de l’emploi en 2014, l’ESS gagne du terrain dans un contexte économique et social difficile. Car pendant que l’ESS progressait sur la période 2008, 2014 (derniers chiffres présentés dans l’Atlas) en nombre d’entreprises (+1 %) et d’emplois (+5 %), le secteur privé hors ESS, lui subissait la disparation de 1 % de ses entreprises et de 0,7 % de l’emploi et le public respectivement -5,9 % et 2,5 %. Mais comme on le sait déjà, cette période n’a pas été toute rose. Le secteur associatif (77,7 % de l’emploi) a subit une baisse nette des emplois deux années consécutives (2011 et 2012).

Une moyenne d’emploi par structure qui grandit

Autre chiffre qui monte, le nombre de salariés par entreprise. Entre 2011 et 2014, le nombre de salariés ramené en équivalent temps plein a augmenté de 1,9 salariés. Cela signifie que 83,9 % de l’emploi dans l’ESS relève d’organisations et d’entreprises de dix postes ou plus et que : « contrairement aux idées reçues les associations sont nettement moins souvent que le reste du secteur privé des employeurs de petite taille (>10 postes) », explique l’Observatoire de l’ESS. Cette augmentation sensible s’explique d’une part par une création nette d’emploi dans les associations malgré les soubresauts de la crise de 2008, mais surtout que le secteur associatif (93,5 des entreprises de l’ESS) continue son mouvement de regroupement de fusion qui produit cette croissance de la taille des structures. Les mutuelles qui connaissent ce même mouvement de regroupement sont toutefois les seules à marque une baisse du nombre de structure.

Un secteur toujours aussi féminisé et moins rémunérateur

Ce qui ne change pas c’est que l’ESS, de par les métiers et activités qui dominent (social, sanitaire et médico-social, aide à domicile…) reste un secteur très féminisé où les salaires sont globalement inférieurs à la moyenne du secteur privé (-14 %) et où le temps partiel atteint des niveaux très élevés, surtout sur les métiers à prédominance féminine (80. Un ensemble de conditions qui ne recouvrent pas toutes les réalités du salariat dans l’ESS mais qui rappelle des conditions de travail parois difficiles et une qualité de vie au travail globalement bonne même si elle régresse légèrement. Un contexte rappelé dans un chapitre de cet Atlas et qui s’appuie sur une exploitation des résultats de l’enquête Conditions de travail de la Dares, conduite par François-Xavier Devetter et la 2e édition du Baromètre de la qualité de vie au travail dans l’ESS.

Continuer la clarification statistique et la connaissance de fond.

A plusieurs reprises, cet Atlas commenté évoque aussi les défaut dans la cuirasse statistique de l’ESS. Cet Observatoire national est un outil très important dans l’œuvre de reconnaissance du secteur par la connaissance fine et précise qu’il apporte année après années. Reste encore à parfaire l’outil, comme l’indique l’ouvrage en ce qui concerne, par exemple la visibilité sur les sociétés commerciales répondants aux exigences de la loi Hamon. L’Atlas indique en effet que pour cette catégorie « les donénes sont encore peu nombreuses (…) ainsi fin 2016, on recense 93 sociétés commerciales de l’ESS actives ».

De même, malgré certains chiffres encourageants, comme le taux de survie des Scop après cinq ans d’activité (65 %) qui dépasse largement la moyenne nationale de 50 %, les auteurs de l’Atlas refuse de conclure sur la plus grande durabilité des entreprises de l’ESS. L’ouvrage évoque plutôt un « faisceau d’indices » favorables et précise que « s’interroger sur la pérennité des entreprises de l’ESS doit nous amener à une réflexion sur les facteurs de disparition ou de survie des structures, leurs forces et leurs faiblesses ».

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